Histoire(s) d'un sham au Japon

12 octobre 2006

さようなら

Voici la dernière note de ce blog -"C'est la note finale !"- qui marque la fin d'une année faste. En effet mes études sont terminées et j'ai fini mon Master 2 Informatique avec une mention 'Bien'. Et mon stage au Japon m'a permis d'être 1er de ma promo (sur 5), je me permets donc de frimer (modestement pendant 5 secondes) ! ;) J'en profite pour remercier ici mon Maître, Marc, qui a été la classe incarnée pendant ces 5 mois nippons !

Il me reste ici à vous conter mon dernier mois qui fût une apothéose, ni plus, ni moins. Revenons tout d'abord au week-end du 5 et 6 août : certains le savent déjà et d'autres l'avaient deviné, ce ne fût pas le feuilleton de l'été mais je sais que cela a fait jaser. "Alors Taeko c'est ta copine ???". Vous en conviendrez, se faire assener de cette question 4 mois durant réduit mon séjour à une amourette de vacances si j'en avais ne serait-ce qu'évoquer l'éventualité dans les lignes de ce blog. Je comprends néanmoins que temples et technologies lassent, me transformer en Voici aurait sans doute apâté plus de chalands mais ce n'était pas mon but. Taeko a été depuis le début la personne qui m'a fait découvrir la culture et le charme du Japon, au travers de visites et de discussions. J'ai pu grâce à elle profiter entièrement de la chance qu'il m'était offerte. Vous pouvez douter de l'assertion suivante mais sachez que je ne la voyais pas chaque semaine dans l'espoir d'une relation moins platonique, nous étions simplement heureux de passer du temps ensembles et pour être exact il était clair dans mon esprit qu'entamer une relation plus sérieuse n'était pas envisageable : 9700 km de distance ça calme ! Mais voilà, d'autres diront que la chair est faible, pour ma part je me suis dit "Et alors ?" : les instants magiques ne se réfléchissent pas et ce qui s'est passé dans la nuit du 5 au 6 août est à classer dans cette catégorie des moments inoubliables. Assurément ce fût "Génial !" et le mois qui suivit d'autant plus...

14/8/2006 - Jour 126
En route pour Osaka 小坂, Kyoto 京都 et Nara 奈良 dans la région du Kansai 関西 pour une semaine de vacances en compagnie de Taeko : elle est originaire de cette région et elle m'avait invité plus d'un mois auparavant à découvrir ce sublime territoire. Pour la modique somme de 2 300 yens, soit a peu près 15 euros, j'ai pu la rejoindre à Osaka qui se situe à 600 bornes de Tokyo dans le sud-ouest. Ce tour de force -15 euros c'est peanuts !- a été possible grâce au seishun juhachi kippu 青春18きっぷ avec lequel vous pouvez prendre n'importe quel train de la JR line (qui était la société nationale des chemins de fer nippons, maintenant privatisée) pendant 24 heures !! N'importe quel train, je m'entends, tous les trains excepté les rapides tel que le shinkansen 新幹線, le TGV japonais. Résultat, 9 heures de trajet et une dizaine de changements !! Là où on remarque que le réseau ferroviaire est bien foutu au Japon c'est quand vous n'avez que 2 minutes pour changer de train : je ne me suis jamais planté ! :)

Pour les curieux, voici mon trajet :

Arrivé à 16 heures sous un soleil de plomb, la première destination fût mon hôtel près de la gare de Shinmamiya : des jours de recherche sur internet ont permis à Taeko de me dégotter cette cage à lapins dans un quartier malfamé d'Osaka à 20 euros les 2 nuits : douches et toilettes communes, résidants à la barbe hirsute, j'ai failli avoir peur mais souvenez vous, nous sommes au Japon ! Même à la Krutenau je me sens moins en sécurité !! Ma chambre donnait sur un mini parc d'attraction avec des montagnes russes intégrées dans les immeubles : mes 1ères impressions furent assez négatives sur Osaka mais l'originalité était bien présente.

Sur le trajet vers le Kansai, j'ai enfin pu distinguer le mont Fuji !! Somnolent, j'ai levé la tête sur la vision suivante : ce fût la seule et unique fois où j'ai pu admirer cette montagne mythique !

16h00, il fait chaud au sortir de la gare, je transpire déjà et je découvre ce building qui est apparemment aussi aimé que détesté.

La vue de ma chambre : c'est complétement nimp !

15/8/2006 - Jour 127
Visite d'Osaka qui a débuté avec le parc d'attraction : Taeko et moi nous ne pouvions pas manquer ce sublime du kitsch !

Puis en route vers le tour Eiffel d'Osaka : effectivement les poutres en acier sont les mêmes !

Ce jour là, un festival était prévu à Nara 奈良. Sur le trajet nous nous sommes arrêté Taeko et moi pour visiter un temple où l'accès en funiculaire est fortement conseillé. Outre une vue magnifique sur le littoral d'Osaka, nous avons parcouru un couloir plongé dans le noir le plus complet : tâtonnant les murs pour éviter tout vautrage, cette traversée mystique cache une poignée de porte -ou quelque chose du style- qui vous offre chance et félicité lorsque vous parvenez à la trouver et à la toucher. Au sortir du tunnel, un autre regard se porte sur les scènes qui vous entourent et cette pièce -voir ci-dessous- qui jouxte la salle du labyrinthe aveugle est à mon goût assez magique, surtout lorsqu'on observe les anciens dévisant nonchalamment...

Et voici une vue sur Osaka à la tombée du jour.

Il faut bien redescendre : le funiculaire nous attend sagement pour notre prochaine étape. Je confirme, ce train grimpeur est superbe ! Mais avec Tigrou comme effigie il aurait eu la palme.

Arrivé à Nara : si je ne me trompe pas, cette ville campagnarde est célèbre pour au moins 2 raisons. Premièrement elle abrite la plus grande statue de Boudha du pays et deuxièmement elle possède les structures en bois (temples, pagodes) les plus vieux de l'archipel. Ici la photo est très moche, on a la sensation qu'il s'agit d'une maquette mais une fois devant on se prend une belle claque.

Les daims en liberté dans le parc de Nara, messagers des dieux...

Et là, juste "prend ça dans ta face", t'en chiale tellement c'est beau, j'avais envie de me raser la tête pour devenir boudhiste sur le champ ! Ce temple abrite la statue de Boudha sus-citée : faites un zoom sur le centre de la photo, cette fenêtre n'est ouverte que 2 ou 3 fois dans l'année !

Non et puis cette poésie transcende les lampions !

Et voici le meilleur : 60 m de haut en bronze, quelques centaines d'année, des moines récitant une prière, plus apaisant tu peux pas ! Et derrière ce mastodonte se trouve une poutre verticale perçée où il est coutume d'essayer de passer. Il s'agit du rite de la (re)naissance : Taeko a réussi à traverser, moi je n'ai même pas essayé sous prétexte d'un pantalon trop lâche :(. En même temps la probable perspective de me retrouver en calbute devant une centaine de personnes m'a très vite découragé.


16/8/2006 - Jour 128
Après une nouvelle nuit dans ma cage à lapins, je me suis promené seul dans les rue d'Osaka, Taeko étant retournée dans sa famille pour la célébration aux morts.

Cette ville a un charme particulier, c'est loin d'être magnifique, mais il y a un "je ne sais quoi". Alors il y a des détails comme celui-ci -et là je vous cache la statue vermoulue qui se trouve en-dessous- :

Et puis on tombe sur du plus terre à terre !

Cette scène me fait furieusement penser à "Ghost in the Shell" (rajoutez la nuit, mettez vous sur un bateau et vous y êtes) :

Et puis toujours cette fusion entre le moderne et l'ancien qui pour moi est plus choquant au Japon et encore plus à Osaka !

Taeko me rejoignit en fin d'après-midi et nous nous sommes rendus à Kyoto pour un feux d'artifice. Je n'ai malheureusement pas de très blles photos de l'endroit et je dois avouer que j'étais plus concentré sur la beauté de l'endroit que sur le déclencheur de mon Canon : cette ville correspond exactement à l'image que l'on a nous européens, les rues étroites avec des maisons typiques, des passages furtifs de geishas, une atmosphère chargée d'histoire et de raffinements. Nous y sommes retournés 2 jours plus tard et cela acheva de me convaincre de revenir dans cette ville et d'y séjourner plus longtemps.

17/8/2006 - Jour 129
Visite du château médiavel Himeji près de Kobe. Une merveille architecturale, aussi appelé le chateau blanc, je recommande fortement cette escapade pour ceux qui se trouveraient dans les environs.

Bon alors aucun commentaire, ça pête !

Pareil, rien à dire, c'est beau, c'est grand...

Les fusils peuvent paraître anachroniques mais en se penchant un peu sur Wikipédia, on y apprend que le château d'Himeji fût construit entre 1333 et 1346, détruit et reconstruit en 1580 or la poudre aurait été inventé par les chinois au 11ème siècle. Conclusion, cela se tient !

Aucune idée de ce que font ces 2 représentations de jeunes femmes, elles comptent des cailloux, jouent à l'ancêtre de la pétanque, font un échange de pierres sacrées qu'elles ont en double, enfin bref on s'en fout mais cela aurait été quand même sympa d'avoir une explication ! Je ne m'en souviens peut-être pas, ceci est une autre explication...

Un instant j'ai cru que l'armure ayant appartenu à un feu samouraï m'observait, mais j'ai sans doute rêvé...

Les plus vielles tongs du monde !!

Nota bene : cette journée fût la journée la plus chaude et la plus humide de ma vie et c'est la 1ère fois que je voyais des japonais en sueur. A marquer d'un château blanc.

18/8/2006 - Jour 130
Comme des gros fainéants, nous nous sommes levé très tard et ce n'est qu'en fin d'après-midi que nous décidâmmes à visiter encore un peu Kyoto. Tous les temples étaient sur le point de fermer. Néanmoins, si je me trompe pas, c'est ce soir là que j'ai goûté aux Tako-yaki たこ焼き, de petites confiseries sous forme de boules préparées à tous les coins de rues. J'ai trouvé cela très bon jusqu'au moment au Taeko m'explique qu'il s'agit de poulpe, moment exacte où je croquais dans une ventouse ! Bonne nouvelle, j'ai pas fait pitié, j'ai pas vomi...

J'ai aussi eu la joie de rentrer 3 secondes dans une salle où se jouait le pachinko パチンコ (allez voir ce lien pour comprendre tout l'"intérêt" de ce jeu hautement populaire au Japon) : j'ai pas tenu plus longtemps, c'était mille fois trop bruyant, sans parler de cette vision d'horreur où des zombies bridés gavaient mécaniquement chacun une machine avec des seaux de billes, une à une, pendant des heures.


19/8/2006 - Jour 131
Plus faignasses que Taeko et sham, tu meurs ! Encore une fois nous nous sommes levés tard mais plus tôt que la veille et cette fois nous avons eu le temps de visiter le jardin sec Ryoan-ji à Kyoto : c'est un moment de contemplation, un peu de calme dans cette folie urbaine (bien que Kyoto soit beaucoup plus zen que Tokyo). La particularité de ce jardin sec est qu'il est impossible de trouver un angle de vue pour pouvoir embrasser du regard toutes les pierres présentes, excepté une vue aerienne bien entendu. Je doute de cette assertion car avec Taeko nous y sommes parvenus : nous avons peut-être mal compté !

Toujours dans ce même parc où se situe le jardin sec, une magnifique pagode :

Ici, je ne connais plus le nom de l'endroit et de ces temples : trop à la bourre nous n'avons plus que les observer de loin avec le coucher du soleil.

Ensuite nous nous sommes dirigé vers le quartier de Gion pour y voir geishas et maisons traditionnelles. Mais les poteaux et câbles électriques nous ramènent dans les temps modernes !

Et puis dans un coin des lampions -électriques !!

Ce fût la dernière nuit dans la région du Kansaï. Le lendemain je repris le train en direction de Tokyo et de mon laboratoire en compagnie de Taeko. Rien de particulier à souligner, un peu d'amertume de devoir laisser Taeko rejoindre ses pénates. Et puis reprise de mon projet, dernière ligne droite pour terminer mon rapport, rentré tous les jours à 1h du mat'...

25/8/2006 - Jour 137
Visite de Shinjuku, quartier d'affaires et adminitratif. Après une semaine bien chargée, cette escapade de début de week-end tomba à point !

Ici la mairie de Tokyo, gigantesque !

Et pour la frime, cette photo a été prise dans l'hôtel où fût tourné "Lost in Translation" : j'étais un des seuls en panta-court, luxe et costards, vue imprenable, toilettes impeccables, ça chie.


Week-end du 26-27/8/2006 - Jour 138-139
Je n'avais toujours pas vu l'appartement de Taeko, elle se refusait à m'inviter prétextant un véritable chaos et voulait m'accueillir dans les meilleures conditions possibles. Noble pensée mais nous nous retrouvâmes cette nuit là à errer pendant des heures à la recherche d'un hôtel et plus particulièrement d'un Love hôtel !

Après quelques verres dans nos bars préférés, nous cherchions un moyen de passer la nuit ensemble. Je voulais tester les chambres sous forme de tube dont j'avais entendu parlé. Taeko me fit fort justement remarquer qu'il n'était pas possible de dormir à 2 dans ces ruches humaine. Pas grave, en route pour un manga café et puis nous aviserons ! Ils furent tous pleins !! Et d'un sourire amusé Taeko me proposa un Love hôtel : il s'agit en quelque sorte d'un hôtel à thème avec decorum kitsh pour faire rêver les amoureux et les aventuriers d'une nuit. L'idée me fût plaisante et j'étais curieux de découvrir un tel endroit : nous avons passé près de 5 heures à en trouver un de libre -et abordable- et ce fût l'hôtel "France" qui nous sauva, belle coïncidence à mon sens ! :) Et effectivement la décoration était à la hauteur du sublimement moche mais pour 30 euros la nuit, 60m2, la télé avec les films pornos (et poils brouillés), le distributeur de capotes (taille japonaise), la salle de bains très chic, un lit énorme, nous avons passé un très bon moment... à dormir. Enfin presque...

Peu de temps avant notre repos bien mérité, nous sommes tombés sur le plus beau chat du monde. A vous de juger :


Dans l'après-midi du 27, nous avons visité le vieux quartier de Shinjuku, la partie est qui tranche du tout au tout avec le quartier administratif et ses buildings : il paraît que les yakusas sont maîtres de ce quartier. Petits bars traditionnels qui bordent les rues étroites, c'est un endroit que je regrette de ne pas avoir visité plus souvent.

La fin de mon séjour
Il se déroula en compagnie de Taeko dans son appartement, ce fût une semaine trop rapide et à l'image de mon départ de Strasbourg pour Tokyo, je n'arrivais pas à y croire. Je serais bien évidemment resté plus longtemps, mon visa me permettait un mois supplémentaire mais ma soutenance était le 12 septembre. Ces derniers jours fûrent difficiles, je commençais à m'habituer... et Taeko... Au moment de monter dans le bus en partance pour l'aéroport je garde son image à l'esprit. Je ferme aujourd'hui ce blog et c'est à elle que je pense, à son pays. Merci à tous ceux que j'ai rencontré là-bas, merci Taeko.

05 septembre 2006

Mes derniers jours au Japon

Plus que 5 jours et je suis de retour en France !! Incroyable !! J'ai fini mon projet ici, plus qu'une présentation mardi prochain et mon année estudiantine sera elle aussi bouclée.

Le temps passe assurément trop vite et il m'en reste si peu pour profiter encore des charmes de Tokyo. Mais je suis heureux de rentrer ! :)

Merci à tous, j'ai hâte de vous revoir !! (ah punaise, il est où le fond sonore qui fait chialer !!)

Bon allez je file, Taeko m'attend !

PS : une dernière connerie pour la route... "Papa ! C'est quoi cette bouteille de lait ???"

NB : je ne ferme pas encore ce blog, j'ai encore quelques histoires sous la main et plein de photos à publier.

23 août 2006

En attendant, du franponais !!

Je suis actuellement en pleine période de bourre et je n'aurai malheureusement pas le temps de mettre à jour très souvent ce blog. Effectivement, la semaine dernière j'étais en vacances du côté d'Osaka, Nara et Kyoto et j'ai énormément de choses à raconter, mais le temps presse : dans moins de 2 semaines mon rapport de stage doit être bouclé !!

Ainsi, pour vous faire patienter, vous mes 0,3 lecteurs quotidien, je vous propose non pas une mais 2 photos à propos du franponais !! Je suis un type trop sympa, je m'adore...

Voici une boite de gâteaux issus de la tradition française !! Un régal !

Et une pâtisserie qui a des couilles !!

07 août 2006

Hakone bis

Génial.


















04 août 2006

Asakusa 浅草

Pour le 29 juillet, direction Asakusa 浅草 pour assister à un feu d'artifice (Hanabi 花火) avec Taeko. Les japonais aiment profondément les feux d'artifice, je suis sûr qu'ils en font un tous les soirs !! Et nous avons vu l'un des plus gros du Japon : il a duré plus de 2 heures, 20 000 fusées ont été lancé, l'événement à rameuter une foule de personnes impressionnante. Enorme fût aussi le nombre de flics à jouer au berger, j'avais la sensation d'être une vache, affreux...

Néanmoins je garde de belles images en tête :










Quand on est con...

4 mois que je suis là et on m'a informé d'une "nouvelle" règle dans le dortoir : on a pas le droit de fumer à l'intérieur mais "outside please". Le balcon sur lequel je me rends depuis le début est-il à considérer comme l'intérieur d'un appartement nippon ou l'extérieur ??

Ah oui !! Et je lui dis à mon propriétaire que je n'ai pas foncièrement changé mon temps de douche ou bien ?? Non parce que la facture est 4 fois moins élévée. Ok nous n'étions que 2, Li et moi, pendant 2 mois, mais tout de même, c'est un véritable miracle !!

"Don't smoke too much !", "Don't drink too much !", "Don't take too long showers !". Sham reste calme, surtout reste calme...

Natto, plus jamais !!

J'ai goûté au natto 納豆. Désormais je suis un brave, je lis le respect dans les yeux des japonais qui croisent mon chemin, et en retour je sais aujourd'hui ce qu'ils vivent tous les jours. Le natto révéle votre courage, pour en manger il faut des tripes, des légendes racontent qu'il donne force et santé. Les jeunes filles japonaises en sont convaincus.

Mais le natto c'est avant tout cela !!

C'est immonde !! La sauce qui accompagne les graines de soja ressemble à de la morve, l'odeur de fermentation est à vomir et cette connerie colle de partout !! De plus cela n'a aucun goût en particulier. Je l'ai à peine entamé, impossible de terminer, son évocation me rend malade.

Désolé, je vous laisse, je dois aller aux toilettes...

Manga café

Vous avez loupé votre dernier train et la perspective de traîner dans un club à vous trémousser toute la nuit ne vous enchante guère : la musique est nulle et de toutes façons vous dansez comme un balai. Et puis finir la nuit dans un troquet avec des vieux bourrés qui vous racontent qu'"avant, c'était le bon temps", boarf, pas trop envie de voir à quoi vous allez ressembler vous aussi dans une vingtaine d'années. Et bien au Japon il existe une solution alternative dans l'attente du premier train du matin, les mangas cafés !!

Un manga café, keskeussé ? Pour une dizaine d'euros vous vous enfermez dans un petit box pendant 6 heures et vous avez à votre disposition un ordinateur connecté à internet, une télévision, un lecteur de DVD et une console de jeux vidéo. Inutile de dire que vous avez le choix entre 253 000 DVD, 28 millions de jeux vidéos, des tonnes de magazines et n'oublions pas les boissons gratuites à volonté (thés, cafés, sodas, jus de fruit...). Pour quelques yens vous avez aussi la possibilité de vous sustanter. Voilà, c'est tout simplement fantastique !! N'hésitez pas non plus à piquer un petit somme, la plupart des japonais utilise ces endroits comme des Formule 1.

Les mangas cafés, ça le fait ! (j'aurais dû faire publiciste)

21 juillet 2006

Le week-end de la chance

Tout débuta le matin du samedi 15 juillet : de passage à l'université pour vérifier sur internet l'emplacement et l'heure de début des festivités estivales (la saison des feux d'artifice commence...), je rencontra sur le chemin du retour un ouvrier qui m'offrit un bonbon ! Non, il n'était pas dans une voiture avec le moteur allumé, il ne m'a rien dit d'autre que : "Voilà un bonbon, c'est un bon bonbon, c'est pour vous !" et c'est bien la 1ère fois que je le voyais. Effectivement, tous les jours je passe devant un chantier, et je salue un homme en bleu, toujours le même, un manouvrier d'une cinquantaine d'année. Mais l'homme de ce samedi matin, qui semblait surveiller la circulation aux abords du nouveau bâtiment sortant de terre, tout comme semble le faire l'habituel quinquagénaire, vêtu du même bleu de travail, je ne l'avais jamais vu auparavant. Il ne faut pas chercher plus loin, les gens ici sont indubitablement sympas, le Japon c'est aussi cela !

15/7/2006 - Jour 96
Rendez-vous à 20h avec Taeko pour aller boire un verre. Dans le train en direction de Shibuya, une tunisienne me reconnaît (suis-je déjà une rock-star ???) et m'invite à les rejoindre elle et ses amis dans un bar plus tard dans la soirée. Imen, voici son nom, et Marc me l'avait présenté quelques semaines auparavant avec son copain Skander, moi qui pensait être connu internationalement...

Arrivés sur la place Hachiko, nous décidons avec Taeko de nous rendre au "café de copains" (et non pas le "café des copains"), notre bar de prédiliction : décor de taverne française, Guinness à la pression, pour un sham c'est un paradis. Une fois notre verre vide, nous rejoignons Imen au Hub et quelle ne fût ma surprise d'y retrouver Antoine et Guilermet 2 des colocataires de Marc !! Sans compter les 2 3 autres personnes que j'avais déjà rencontré dans diverses soirées ! La plupart de la clientèle était des étudiants de l'institut technologique de Tokyo, forcément ça aide qu'on est de la même université !! Sacré coup de bol.

Inutile de décrire l'ambiance d'un bar plein un samedi soir, c'est pour le moins bouillonnement de rires et de bières. Aux alentours de minuit-1 heure, la plupart se décide à rentrer et j'étais de cela ainsi que Taeko : je la raccompagne jusqu'à sa station de train et tout frais aviné que j'étais, je me dirige vers mon quai de gare. Malheureusement les rideaux metalliques m'interdirent tout train en direction de mon lit. Qu'importe, Imen et Skander étaient encore des survivants du Hub, je n'avais plus qu'à retrouver l'endroit. Et ce fût dans mon 5ème tour autour de l'immeuble qui abritait le pub convoité, que je tomba sur Chris l'australien que j'avais rencontré au concert des 5678's !! Il me proposa d'aller à Roppongi et ce fut bien difficile de refuser mais l'instant d'avant je contactais Imen pour qu'elle m'aide à retrouver cette foutue entrée : je ne pouvais vraisemblablement pas me tirer comme un voleur et courir vers les vices du quartier des étrangers alors que quelqu'un m'attendait à 3 pas d'ici et me tenait la porte d'un bar qui n'était, ma foi, pas dégueulasse.

J'aurais dû aller à Roppongi, du moins ce fût ma pensée à 2h lorsque tout le monde avait déserté le Hub : seul, à siroter ma bière, j'étais heureux d'avoir discuter un brin avec les tunisiens, Imen et Skander, mais la fatigue les gagna et ils se décidèrent à prendre un taxi. Aucun problème, d'un trait je finis mon godet et fier de ma décision, je me rends au bar à 200 yens. Sur la route j'admire les rats qui filent entre les voitures et les poubelles puis, le sourire aux lèvres, j'entre dans cet établissement merveilleux où la bière est à 1,50 euros. Il semble y avoir du monde, je me fraye un chemin jusqu'au zinc, on me sert une mousse, je tourne la tête et, surprise, plus personne : en 2 minutes les gens s'étaient volatilisés, d'un mouvement collectif ils avaient finit leur verre et pris la poudre d'escampette.

Pas de bile, je gobe mon demi et en route pour le No Style, là-bas au moins il y aura des gens et de la musique sympatoche !!

Raté pour la musique, de la daube électro-dance, par contre j'ai discuté avec tous les japonais -tous, sans exception !- présents à cette soirée : une fille qui m'avait abordé dès mes premiers instants dans la boîte, a absolument tenu à me présenter à tout le monde. Sans parler de la barmaid qui, à mon arrivée, pendant que je m'acquittais de mon droit d'entrée au guichet, me reconnut (non mais 2 fois en 1 journée !! Il y a une photo de moi à poil sur le net ou bien ???) et me demanda si je la reconnaissais : évidemment que oui, lors de ma 1ère soirée drum'n'bass dans cet endroit, elle m'avait servi chacune de mes bières avec un grand sourire et je lui avais même appris quelques mots en français -dont elle se souvenait- comment aurais-je pu l'oublier ?? A la fermeture, une dernière tournée générale sur le compte de l'association qui programma les DJs de cette nuit au No Style fut servi et on m'offrit un t-shirt avec lequel, apparemment, je pourrai entrer gratuitement dans toutes les soirées organisées par la dite association : même si leur musique est loin d'être mon style, leur geste me laissa sans voix...génial, absolument génial. Et la barmaid qui me serra la main pendant que je récuperais mon sac, elle aussi fût des plus amicales : elle me fit promettre de revenir avant mon départ. En même temps, il n'a pas fallu me forcer longtemps !

Suite à cette apothéose, j'ai battu le record du monde du retour-chez-soi le plus lent : 3h et 42 minutes !!! En temps normal, il faut 45 minutes mais lorsque vos yeux se ferment il se peut qu'en les rouvrant vous vous retrouviez à la station de départ : c'est ce qu'il m'arriva. Pourtant il est possible de faire pire car la ligne de train se transforme en métro une fois la ville de Tokyo atteinte et j'aurais pu très bien me réveiller à l'autre bout de la mégalopole, à plus de 2h30 de mon chez moi !!

16/7/2006 - Jour 97
Feu d'artifice à Yokohama : j'y suis allé avec Majd, mon nouveau colocataire (voir note précédente) et Taeko. C'est fou le monde que cela ramène !! Et toutes les japonaises sont en kimono ainsi que quelques japonais !! Sinon, cela reste un feu d'artifice...

Allez une photo : rappelez vous, j'ai visité Yokohama au début de mon séjour mais, ce que je ne savais pas à l'époque, c'est que réunis au même endroit se trouvent l'un des plus haut building du Japon et surtout la plus grande roue du monde !!

Bon allez, je vous laisse, il y a une fête d'arrivée pour Majd aujourd'hui au labo !! :)

Un nouvel arrivant

Jeudi dernier, le 13 juillet pour être exact, l'auberge espagnole japonaise a vu arrivé un nouveau protagoniste, un libanais. Il s'appelle Majd, il a 20 ans et restera 2 mois dans ce beau pays. Et ce mec est super classe, il a tout simplement la Yeah! attitude : il est passionné, écoute de la bonne musique, il a une tête géniale, j'aime déjà beaucoup ce type.

On peut noter qu'il a atterri au "bon moment" -ou plutôt décollé- : le lendemain de sa venue, l'aéroport de Beyrouth se faisait bombardé. Et aujourd'hui, au vu de l'actualité, il ne pourra rentrer dans son pays (à moins d'être parachuté ou téléporté).

Le Moyen Orient s'enflamme, la Corée du Nord balance des missiles dans la mer du Japon, Zidane donne des coups de boule (et c'est la seule chose qui nous intéresse vraiment en tant que français), les gens sont véritablement stupides ! Heureusement, ici, les japonais se défoulent dans des salles d'arcade, c'est beaucoup plus sain...

PS : Asano, le colocataire japonais, est absent depuis 2 mois. Les 3 premières semaines, il était de voyage en Angleterre pendant une semaine, il lui a donc fallu 2 semaines pour retrouver son chemin entre l'aéroport de Narita et le dortoir. Une semaine plus tard, alors qu'il venait de réapparaître mystérieusement aux alentours de 1h du mat' dans son lit, il était amené d'urgence à l'hôpital. Pour quelle raison ? Aucune idée, personne ne le sait, cela aurait rapport avec de l'asthme. Depuis il séjourne chez ses parents, mais encore une fois, personne n'est capable de me donner des renseignements exactes. Dans tous les cas, ce gars n'a pas de chance car 2 semaines avant son départ au Royaume Uni, il s'était pris une moto sur le coin de la tronche, cette dernière ayant percuté une voiture qui lui faisait un refus de priorité. Mon coloc n'avait pas été gravement blessé, en 1 semaine il avait totalement récupéré, mais tout de même, il est rare de bouffer de la motobécane au petit-déjeuner...

10 juillet 2006

"La France a perdu, la France a perdu !"

Ce fut l'exclamation de mon propriétaire lorsqu'il débarqua en trombe dans le dortoir ce lundi matin. "Sebastian !! Sebastian !! France this morning, the France soccer this morning !!!".

Il était si joyeux qu'il m'en parla japonais et je pus distinguer une phrase signifiant : "Bon là il est midi, il est temps de se lever !!". Evidemment j'étais encore au pieu, je l'ai vu le match, je me suis levé à 4h du mat' moi monsieur !!!

Je sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que cet homme là n'aime pas beaucoup les français ! En même temps, je m'en étais déjà douté avant...

Hakone 箱根町

Depuis le début du mois de mai, je n'étais pas allé plus loin que Tokyo et ce fut avec grand plaisir que j'accepta la proposition de Marc de passer un week-end à Hakone 箱根町, une des mecques touristiques du Japon qui se situe pas très loin du mont Fuji. Au programme, onsen 温泉 et bateaux pirates !!

Des photos valent mieux que des paroles, c'est parti !!

Arrivé à Hakone : Marc, son frère Sylvain, Ena -une amie japonaise- et moi-même sommes heureux comme des pinsons après 1h30 de train de nous retrouver dans la nature !!

Notre déjeuner...

De sublimes bateaux pirates, le suprême du kitsch en quelque sorte : à faire absolument, c'est ridicule à souhait !

Non mais oui, c'est vraiment ridicule !!

Heureusement, l'architecture ancestrale des temples japonais garde un charme ineffable...

...et personnellement j'en redemande !

Un bouquet de prières :

Et une porte dans l'eau :

...tout simplement...romantique...même par mauvais temps et puis on peut voir les bateaux pirates passer !

La chambre où nous avons passé la nuit : on s'est pas foutu de notre gueule !! Et c'est dans cet hôtel où j'ai pris mon premier bain japonais : bin j'étais tout nu !

Le jour suivant, nous avons passé la journée dans un parc à onsen, 6 heures à faire trempette dans des sources chaudes et chaque bain avait une particularité : parfumé au saké, au thé, au vin, avec des bulles, sans bulle, qui pue le souffre, surchargé en sel pour flotter comme sur la mer morte etc. Le temps était très nuageux, il faisait une vingtaine de degré, c'était parfait !!

Une dernière photo mais qui n'a rien à voir : sur le retour, nous étions assis en face d'une jeune femme qui portait un sac arborant, apparemment, un mot en français. Si vous voulez comprendre ce mot, pensez au positivisme, au pessimisme, au gigantisme, en bref il s'agit de franponais (merci Locine !!) et c'est du comme-ça-ism(e) !!



Zoobombs

Après mettre illustré lors d'une présentation hors norme le matin du mercredi 5 juillet (voir la note précédente qui suit), il a bien fallu décompresser et quoi de mieux qu'un concert de rock'n'roll !!?? Oui oui, il y a mieux, bien plus relaxant, très humide et très chaud, un bain par exemple. Vous ne pensiez pas à cela ??? Pourtant je ne vois rien d'autre, je ne com prends pas !

5/7/2006 - Jour 86
Toujours même endroit, le O-nest à Shibuya, définitivement une très bonne salle de concert et ce pour voir Zoobombs, faites un tour sur leur site My Space, cela vaut le détour ! Ils ont assuré 2 heures de concert, le chanteur guitariste est sacrément énergique, on s'ennuie pas une seule seconde !!

Bien entendu, je ne suis pas allé voir ce groupe tout seul et il n'est pas nécessaire d'être devin pour connaître le prénom de la personne qui m'a accompagné. C'est cette même personne qui ayant discuté avec les Limited Express (has gone ?) m'avait suggéré que les Zoobombs était du même tonneau. Taeko, oui, c'est bien elle. Et lors de cette soirée elle me prêta 4 CDs et une vidéo de Sheena Ringo et j'aime beaucoup, rien d'extraordinaire, mais rafraîchissant. Autre surprise de poids, j'ai été invité au mois d'août à loger quelques jours du côté de Kyoto chez la meilleure amie de Taeko : je dois être cocu, j'ai trop de bol !! Ah non, c'est vrai, je suis célibataire !!

Parlons informatique

Peut-être que certains d'entre vous se demandent ce que je fous au Japon !? Si mon blog vous laisse penser que j'y suis pour 5 mois de vacances, vous avez tout faux, je passe même la majorité de mon temps devant un écran d'ordinateur à développer un programme informatique. Jusqu'à présent j'ai évité de parler de mon activité à l'institut de technologie de Tokyo car j'estime le sujet comme très peu intéressant pour les néophites. Exemple : "Trop fort, aujourd'hui j'ai écrit un script Ant pour compiler en C++ les librairies QGLViewer et Qt sur toutes les plateformes, c'est trop de la balle !!". Et paf ! je viens de perdre 80% de mes lecteurs !! Et comme chacun sait, plus j'ai de lecteurs, plus on me lira !

Alors quelle est la raison de ce post ?

J'ai repris mes études cette année afin, d'une part, de terminer mon cursus universitaire et, d'autre part, de partir à l'étranger. Il m'a fallu plus d'un an pour me retrouver sur les terres nippones et le parcours administratif fut des plus complexes. Mais l'aide décisive de quelques personnes me permit de réaliser la plus grande part de mon objectif, en espérant ne pas chuter sur la dernière marche et de ce fait ne pas obtenir mon diplôme à la rentrée scolaire !

Mon stage de fin d'études a pour sujet l'interaction et, plus spécifiquement, la navigation dans un monde virtuel. Qu'est-ce qu'un monde virtuel ? Pour ceux ayant déjà joué aux jeux vidéo, tout Doom-like est proche de cette idée : vous vous déplacez dans un monde en 3 dimensions, vous devez pousser des portes, prendre des ascenseurs etc. Mais l'environnement matériel est différent, vous n'êtes plus assis devant un moniteur, vous êtes littéralement plongés dans un monde virtuel car vous êtes debouts devant des écrans géants qui peuvent parfois vous entourer complétement. D'autres dispositifs peuvent par exemple déterminer la position de vos mains dans l'espace, la motion capture pour ne pas la citer. Dans de telles conditions les claviers et souris d'ordinateur deviennent peu pratiques et surtout vous font perdre l'illusion d'être "réellement" dans un autre monde. Je travaille ainsi sur l'élaboration d'outils virtuels qui ont pour vocation de remplacer complétement ou en partie les périphériques incriminés. Je me focalise en ce moment sur un guidon virtuel afin de pouvoir se mouvoir et déplacer des objets.

Voici la gueule de mon volant virtuel :

OK, mais je n'ai toujours pas répondu à la question !!?

Comme dans tout projet, il faut à un moment rendre compte de ce que l'on a fait, faire un rapport ou présenter son travail lors d'une réunion, en bref passer à la casserole. Et, dernièrement, j'ai eu mon épreuve du feu, j'ai fait une présentation en anglais devant 20 japonais en furie, ou presque...

5/7/2006 - Jour 86
1 semaine de travail avec Marc pour améliorer mon support de présentation, pour choisir les bons termes, pour l'agrémenter d'illustrations et de vidéos explicatives. Mais le seul quart d'heure d'entraînement oral 5 minutes avant le début de la réunion finirent de me persuader de mon faible niveau en anglais. Et qui est l'abruti qui m'a poussé à bredouiller des inepties informatiques devant une salle pleine de nippons ? Et bin c'est moi !!

Je suis parfaitement conscient de ma nullité lorsqu'il s'agit de faire un exposé, ainsi j'ai décidé d'affronter ma peur sur son propre terrain.

Ma présentation fut la quatrième et la dernière de la matinée : le maudit portable que l'on me confia pour l'occasion mis 5 bonnes minutes pour sortir du mode veille et bien évidemment toutes les applications que j'avais au préalable démarrées pour gagner du temps s'étaient évanouies. 10 minutes plus tard, je pus -mais casse-toi !- enfin débuter : j'ai parlé 15 minutes tout au plus et il va de soi que ma 1ère vidéo ne s'afficha pas sur le rétro-projecteur, autrement c'était moins drôle ! Quelques réglages effectués adroitement par un japonais à l'aise sur un système d'exploitation parlant sa langue me permirent d'éviter un autre accroc sur ma seconde vidéo. Encore 10 minutes de questions et l'épreuve arriva à son terme. A en juger par un "Good job !" d'un japonais et d'une coréenne, je m'en suis pas trop mal sorti. Marc m'a débriefé en m'énumérant les différents défauts de ma "performance" et conclua sur un "c'était pas trop mal, je m'attendais à pire". Personnellement je me suis trouvé à chier mais j'ai la satisfaction d'avoir dépassé mon appréhension.

Mais le plus instructif fût la réunion en elle-même, je dois avouer que j'ai été profondément surpris du déroulement d'un meeting japonais ! Une présentation japonaise suit dans l'absolu la même logique qu'une présentation européenne, un temps où l'intervenant expose son idée et un temps pour les questions. Mais ici le temps des questions durent au bas mot une demi-heure !! Et personne n'en pose !!!! Ou du moins seuls 2-3 personnes se risquent à prendre la parole. Résultat, il peut se passer 5 minutes dans un silence total, c'en est presque effrayant ! De plus j'ai pu assister à une séance de lynchage d'un élève qui n'avait pas fait son travail mais, sans les traductions de Marc, en aucune mesure je n'aurais pu prendre conscience de la dimension de l'événement : les mots étaient durs et cassants mais le sourire était permanent, presque figé et le ton tout aussi neutre qu'auparavant. Des rires ont mêmes fusés et ce que j'avais pris pour une conclusion de la réunion dans la bonne humeur s'est avéré être un rappel à l'ordre ! Stupéfiant...

L'anniversaire de Gaël

Encore un !! Quelle belle invention que l'anniversaire, prétexte imparable de la sortie à Tokyo un vendredi soir ! Sinon nul doute que je serais resté chez moi assis sur une chaise.

30/6/2006 - Jour 81
Lieu de la fête, Shibuya, dans un restaurant asiatique -l'enseigne le précisait, donc je le précise !-, nous étions une dizaine de français -Gaël est français, je me devais de le préciser !- et les restaurateurs japonais n'eurent besoin d'aucune précision sur notre nationalité pour fermer la porte de notre salle réservée et préserver ainsi l'ouïe de leur aimable clientèle de notre humour si particulier ! Plats onctueux, boissons à volonté -jusqu'à 22h30 précise-, je n'ai pas regretté mon siège à Nagatsuta !!

Allez 2 photos de Gaël et son cache-sexe ! Nul doute que j'en ferai mon prochain maillot de bain pour la piscine de Hautepierre : j'en veux un !!

On peut le porter à toutes occasions, c'est très chic :

Mais ne jamais oublier qu'il s'agit d'un cache-sexe et non d'une cape !


1/7/2006 - Jour 82
Il s'agit de la même nuit, quelques heures de plus, quelques français de moins : Pierre, Benjamin et moi-même ne concevions pas de rentrer à 23h sans se jeter au moins une dernière binouze de derrière les fagots et lorsque mes 2 acolytes me firent part de l'existence d'un bar à 200 yens la boisson, mon sang houbloneux ne fit qu'un tour et la ruée vers l'orge débuta ! Ecrans de télévision retransmettant le match Allemagne - Argentine, la première tournée une fois descendue nous avait décidé à passer la nuit sur la capitale. Ambiance typique d'un bar où un match est retransmis, clameurs et godets sont à la fête.

Et dans cette atmosphère saturée de phéromones, 3 japonaises débarquèrent et se plantèrent non loin de notre table : je ne pu m'empêcher de faire remarquer à un de mes compères qu'une des jeunes filles etait plutôt mignonne et ce, bien entendu, sans arrière pensée (vous avez le droit de ne pas me croire, moi, je me crois...) ! D'un signe de tête il me désigne celle qui était plus à son goût. Et la coupe du monde de la belette avait désormais commençé ! D'une longue passe lobbée, le match débute à toutes enjambées : l'attaquant français se dirige sur une première ouverture mais se fait rapidement déborder par un américain sur la gauche qui déboule et se frotte à la plus petite des 3. Le forcing n'a malheureusement pas fonctionné et l'étatsunien recule devant les défenses du camp nippon. Notre attaquant national profite de l'ouverture et se faufile dans les 9 mètres, il arme son tir et au dernier moment se fait tacler sur l'aile droite sur un retour chevronné du nord-américain : il dribble, tente de jongler et d'atteindre les filets mais l'asiatique ne s'y fait pas prendre et d'un geste technique plus aguerri que sa comparse, renvoie l'hardi GI sur le banc de touche (non ! Le soccer ce n'est pas du football !!). Le champ est désormais libre et les français s'installent dans la surface de réparation...et s'enterrent !! Les passes sans réelle conviction ne parviennent pas à trouver la voie des buts : la 1ère mi-temps s'achève sur une défection des bleus et un repli sur l'extérieur...me laissant seul au passage avec les 3 demoiselles !

Mi-temps : je fais mine de m'interesser au vrai match diffusé, je sirote ma bière, je vais au cabinet, en bref j'utilise toutes les techniques d'anti-drague que je connais -je suis hypra-balaise dans ce domaine !- : l'une d'elle est mignonne d'accord, mais j'aime pas le foot, je préfère les échecs. Résultat, les jeunes filles se lassent et partent regagner leurs pénates, non sans me désigner comme le mec le plus sympa de la soirée : perso j'avais réussi ma soirée !

Seconde mi-temps : Benjamin revient de l'extérieur du dehors pour me rejoindre à l'intérieur du dedans et sollicita ma présence de l'autre côté de la porte qui menait sur l'envers du bar, la rue. Sans comprendre je finis d'une traite mon verre, j'empoigne ma besace, je rallie mes amis et oh surprise, les 3 japonaises ne s'étaient point enfuis, pire elles nous conviaient dans un bar 4 fois plus cher pour disputer la seconde manche !! Déjà 2 d'entre nous murmuraient le repli car les premiers échanges étaient très peu prometteurs mais notre capitaine de soirée nous encouragea à perséverer, elles n'étaient pas revenus sur leurs pas pour rien parbleu !!

Et bien si, pour rien : autour d'un drink à 800 yens dans un décor cosy, la conversation fut aussi plate que les montagnes de Belgique. Et le karaoké qui s'en suivit termina de nous mettre totalement hors-jeu. Une certitude néanmoins, je chante comme une brèle !